This is my testament.
In deciding, at the age of 19, to bind my life once and for all to that of the working class, I wanted to embrace the circumstances and way of life imposed on workers by society. In particular, I chose to accept their situation of insecurity, while seeking to give it a Gospel meaning of sharing and positive detachment: “No one can serve two masters…”.
This has been my way of awaiting and calling for the coming of the Kingdom, where all will be brothers, happy, living day in the dignity of sons and daughters of God. I hope I have been faithful to this vision and commitment.
When I reached retirement age in 1964, I gave concrete expression to this choice by deciding to live purely and simply, like the mass of small pensioners, on the amount of the pension I would receive from the Social Security system.
Like all workers, I am grateful to those who have fought to ensure that older people could live decently in old age. It is now up to the community not to let this exceptional achievement of social justice be lost.
Marguerite Fiévez
Brussels, 15 November 1994
Original
Ceci est mon testament.
En décidant, à 19 ans, de lier définitivement ma vie à celle du monde ouvrier, j’ai voulu épouser par le fait même les circonstances et modes de vie qui sont imposés aux travailleurs par la société. Notamment, j’ai fait choix d’accepter leur siituation d’insécurité, tout en cherchant à y donner un sens évangélique de partage et de détachement positif : “Nul ne peut servir deux maîtres…”
Cela a été ma manière d’attendre et d’appeler la venue du Royaume, où tous seront frères, heureux, vivant dans la dignité de fils et de filles de Dieu. J’espère avoir été fidèle à cette vision et à cet engagement
Au moment où, en 1964, j’ai atteint l’âge de la retraite, j’ai concrétisé ce choix en décidant de vivre purement et simplement comme la masse de petits retraités, du montant de la pension que m’accorderait le Sécurité Sociale, les premières années, c’était fort peu de choses; depuis, des réajustements légaux out rendu ma situation économique plus viable.
Comme tous les travailleurs, ma reconnaissance va à ceux qui ont lutté pour assurer aux Ainés la possibilité d’assumer décemment leur vieillesse. C’est désormais à la collectivité à ne pas laisser se perdre cette exceptionelle conquête de la Justice Sociale
Marguerite Fiévez
Bruxelles, 15 novembre 1994
IMAGE
Marguerite Fiévez, Mon testament (CARHOP)
